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Alors que la mouvance présidentielle a déjà désigné son champion pour 2026, l’opposition reste engluée dans les incertitudes. Aucun duo officiel, aucune ligne claire, seulement des discussions feutrées et des promesses éclatées. Au cœur de ce brouillard, une figure domine : l’ancien président Thomas Boni Yayi, aujourd’hui patron du parti Les Démocrates.
Le double jeu d’un chef
Officiellement, Boni Yayi consulte, écoute et temporise. Officieusement, il aurait déjà arrêté une stratégie personnelle. Plusieurs sources internes au parti confient, sous anonymat, que son choix secret se serait porté sur sa fille, Rachelle Yayi, pressentie comme future colistière du candidat de l’opposition.
« Tout le monde sait qu’il prépare le terrain pour elle. Ce n’est plus un secret dans nos réunions internes », lâche un cadre des Démocrates, amer.
Des promesses contradictoires
Pourtant, ce poste de colistier n’aurait pas été promis qu’à elle. Selon nos informations, Boni Yayi aurait multiplié les assurances auprès de plusieurs jeunes figures du parti : Nourou Dine Saka Saley (NDSS), Dr Guy Mitokpè, Me Renaud Agbodjo, He Kamel Wassangari, Célestine Zannou, Appolinaire Avognon entre autres.
Chacun de ces profils, porteurs d’ambitions légitimes, se serait cru adoubé par l’ancien chef d’État. Un responsable proche du dossier résume :
« Il dit à chacun ce qu’il veut entendre. Résultat : tous se voient déjà vice-président. Mais au final, il n’envisage qu’un scénario, celui de placer sa fille. »
Une opposition sous tension
Cette stratégie a un coût politique. Dans les couloirs de Les Démocrates, les rancunes s’accumulent. Certains cadres dénoncent un « manque de sincérité », d’autres parlent de « manipulation orchestrée ». Les réunions se transforment parfois en joutes verbales, et la confiance s’effrite.
« Nous perdons un temps précieux. Pendant que la mouvance avance avec une machine bien huilée, nous, nous nous battons entre nous », regrette un jeune élu de l’opposition.
Un calcul risqué
Mettre en avant sa fille n’est pas un geste anodin. Pour ses partisans, cela permettrait d’incarner la relève et de capitaliser sur le nom Yayi, encore très populaire dans certaines zones. Mais pour ses détracteurs, il s’agit d’une stratégie dynastique qui brouille le message de renouveau tant attendu par l’électorat.
Un observateur politique béninois avertit :
« À trop vouloir verrouiller le processus, Boni Yayi risque de casser son propre camp. L’opposition a besoin d’unité et de clarté, pas de calculs familiaux. »
Une opposition capturée ?
À ce stade, le flou demeure total : aucun nom officiel n’a été avancé pour porter les couleurs de l’opposition. Mais une chose est sûre : le jeu trouble de Boni Yayi alimente les divisions et fragilise la dynamique collective. Au lieu de se poser en alternative crédible, l’opposition donne l’image d’un camp tiraillé par des ambitions personnelles et paralysé par la mainmise d’un seul homme.
Un pari dangereux, à quelques mois d’une présidentielle décisive.
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